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Culture
 
ADEL JOUINI EN CONCERT, UN BLUES BIEN DE CHEZ NOUS…
CLUB TAHAR HADDAD
CONCERT DU «SINBELLA GROUP» DE ADEL JOUINI
A nous aussi, notre blues…

 

Comme à l’accoutumée, en ce mois du blues au club culturel Tahar Haddad, l’ancienne bâtisse qui tient lieu de local à ce club n’a pu contenir tout ce monde, formé de jeunes, d’amateurs et de professionnels de tout âge, venu découvrir et «juger» de l’état de ce genre musical si attractif qu’est le blues.
Car, avec pratiquement les mêmes habitués des lieux, on arrive à esquisser un petit jugement, une évaluation de la performance de chaque groupe qui a animé les concerts live de chaque samedi.
Et en ce 15 février, c’était le tour de Adel Jouini (fils de feu Hédi Jouini) et son ensemble le «Sinbella group» de nous présenter leur «vision des choses» dans le blues…
Avec, en partie, un répertoire personnel dans la composition musicale et les paroles, et une autre faite des plus célèbres chansons blues de pionniers en ce domaine, non moins célèbres aussi, Adel Jouini nous a vraiment charmés. Il était accompagné par Jamel Belhaj Khelifa à la guitare basse, Sauveur à la batterie et Enrico Lucchone au saxophone soprano et alto.
Maître de sa voix, de sa guitare et de son «british», le leader du groupe nous a gratifiés d’une véritable soirée blues de haute facture et fidèle à la nature même du genre en question.
Que ce soit «1963» (Nineteen sixty three, une date qui a beaucoup de signification pour son compositeur et les souvenirs de quelques évènements internationaux…), «Court House Blues», ou «Stormy Monday», Adel Jouini a exprimé ses «préoccupations» et celles de la société qu’il estime d’une part, dépendantes les unes des autres, et de l’autre reflétant l’essence même du blues.
Un langage, un message autre…
Dans un jeu «propre» et harmonieux et dans une suite concordante de sujets et de chants, chacun des quatre membres du groupe a donné du sien, et avec beaucoup de réussite par ailleurs, pour nous «sensibiliser» (ceux qui ont surtout une bonne maîtrise de la langue de Shakespeare) sur les problèmes actuels et de notre époque en général, exprimés dans les paroles des différentes chansons. Le tout entrecoupé par des improvisations ; chacun, jouant de son instrument, a enfiévré l’ambiance, particulièrement Enrico Lucchone (et son saxophone) qui a vraiment «jonglé» avec toutes les notes possibles et imaginables et très belles à suivre, toujours dans le style blues.
Adel Jouini a pour sa part parfaitement dialogué avec sa guitare dans le beau langage du blues qui nous fait vibrer d’une manière autre que ne le ferait une musique «dingue» d’un Faudel ou d’une Shakira…
Public attentif
L’autre facteur de réussite dans ces différentes manifestations dont on n’a pas assez parlé et de sa contribution au spectacle, c’est bien sûr le public. Attentifs, curieux et disciplinés, tous les présents ont su «écouter» et ont pu «s’harmoniser» avec les différents groupes et leurs programmes.
Silencieux quelquefois, emportés par le rythme d’autres fois, chantant ou dansant (tant que cela ne gênait pas l’assistance, à l’exception de quelques intrus), on a vraiment senti qu’il y a une frange de public parmi notre jeunesse autre que celle que nous voyons dans certaines manifestations ou certains festivals… Et cela ne peut que réjouir et les présents et les organisateurs qui cherchent à cultiver une autre mentalité chez les jeunes et une autre culture du spectacle, car la «discipline», même dans des manifestations de ce genre, est nécessaire. En toute situation, il faut avoir le sens du comportement civillisé…

J.B.A
 
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