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Un message libre, sans cesse renouvelé Le deuxième rendez-vous avec le 4e art au festival international de Hammamet, dans sa quarantième session, fut réservé au one man show de Raouf Ben Yaghlane «Ach Ikouloulou» ou «Naâbbar walla ma naâbbarchi ?» autrement «Rire pour guérir», lors de la soirée du jeudi 29 juillet dernier. Autant de titres en fait pour signifier que l’être humain en général, mais celui de ces sociétés se trouvant sous le joug de mille et un interdits et tabous en particulier a un besoin urgent voire vital de s’exprimer, d’exprimer ses angoisser, ses sentiments, ses désirs refoulés surtout qui sont à l’origine de plus d’un mal «psychalalytique» au niveau de l’individu et ô combien au niveau de la masse… Conscient de cette situation problématique dont souffre notre société, Raouf Ben Yaghlane a tenu à décortiquer ce «fléau», en mettant le doigt sur tout ce qui touche les esprits, les mentalités, les interdits et particulièrement ce qui est en rapport avec notre enfance, notre prime jeunesse et même avec notre vie d’adulte, et ce qu’elles charrient de frustrations de tout ordre. Spectacle de haute facture Tout cela, notre valeureux homme de théâtre l’a pensé, l’a écrit, l’a mis en scène pour en faire un spectacle de haute facture dans sa pièce «Ach Ikouloulou», repensée en «Naâbbar walla ma naâbarchi ?». Car pour Raouf Ben Yaghlane, le texte théâtral ne doit jamais être ni définitif ni rigide mais doit évoluer dans le temps, d’une année à l’autre par exemple ou d’une représentation à une autre et pourquoi pas lors d’un même spectacle, en l’enrichissant de quelques «paragraphes» nés d’une situation vécue par l’artiste lui-même sur scène ou selon les réactions possibles du public… Pour revenir à la pièce elle-même et rappeler le sujet traité, il s’agit d’une «visite médicale» très particulière où le patient se trouve obligé de raconter sa vie comme «remède» à sa vie bouleversée et instable, devant un médecin qui ne prescrit aucun produit sauf «la parole», l’expression libre, le courage de se «dénuder» psychologiquement… Et lorsque l’être humain s’affranchit de ces tabous et de ces interdits, ces mots que nous devons analyser et repenser quotidiennement, c’est une bonne partie de son être et de sa personnalité qui se reconstruit et s’affirme. Faire connaître nos réactions Le sujet n’étant on ne peut plus sérieux, c’est avec le rire que Raouf Ben Yaghlane a voulu nous «tester», nous faire connaître et connaître nos réactions face à tout ce qui a été longtemps, très longtemps, enfoui sous le poids d’une mentalité rétrograde et d’une «inconscience volontaire» de nos droits et de notre liberté. A la question de savoir si notre homme de théâtre aurait un projet en élaboration, il nous a répondu que cette pièce-ci n’est pas encore arrivée chez la grande masse et il est de son devoir d’artiste et d’intellectuel de poursuivre son chemin afin de faire parvenir le message contenu dans son œuvre. Un message parfaitement saisi déjà par le nombreux public présent au théâtre du centre culturel international d’Hammamet qui a fait le plein ce soir-là, un hommage à quelqu’un qui s’assume totalement (artistiquement parlant en ce qui nous concerne du moins) et assume ses choix dans le domaine qu’il a choisi. Une responsabilité qui impose le respect et l’admiration et un genre théâtral à revivre intensément avec Ben Yaghlane, malgré les obstacles qu’il rencontre en tous temps et lieu… Bon courage. J.B.A |