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DE RAOUF B. YAGHLANE Inhibition ! S’exprimer librement ! Dire ce que l’on a sur le cœur ! Extérioriser tout ce que l’on ressent ! Faire entendre sa voix sur tout ce qui se passe ! Tel est le vœu — encore pieu ! — de Raouf Ben Yaghlane, dépeint dans son one-man-show «Ich i kouloulou». Tout y passe... Vendredi au Théâtre municipal et devant un public assez nombreux, acquis à la «cause» et conquis par l’artiste, Raouf Ben Yaghlane a offert un spectacle coloré, assez riche et plein d’humour et d’anecdotes que le public — qui participe d’une certaine manière — a globalement apprécié. L’histoire tourne autour d’un citoyen qui cherche à guérir d’un mal que l’on n’a pas su ou pu encore vaincre. Le mal, c’est cette inhibition qui empêche le citoyen de dire ce qu’il pense, d’exprimer ce qu’il ressent et de faire entendre sa voix en présentant ses doléances ou ses inquiétudes, en formulant ses espoirs ou ses critiques. A l’encontre de qui ? En fait, Raouf B. Yaghlane évoque pêle-mêle la famille où le dialogue est quasiment inexistant, voire interdit, l’information où la critique demeure encore tiède pour ne pas dire absente, la société où les tabous demeurent vivaces, ou pire, insuportables etc. Surmonter les obstacles Cette absence de liberté d’expression, de la parole, mais aussi du corps, voire de l’âme est traitée à partir du phénomène culturel où la télévision, la danse ou la chanson occupent une place prépondérante. Il y a aussi certains fléaux sociaux qui sont traités de manière suggestive, allusive ou parfois même franche. Reste que l’on peut, peut-être, reprocher à Raouf B. Yaghlane un certain manque de cohérence dans le discours ou bien dans les supports de ce même discours. Le support culturel aurait dû être à notre sens privilégié, voire constituer l’unique vecteur de l’ensemble de la pièce avec l’utilisation d’autres arts comme la peinture, la sculpture ou le cinéma. C’est peut-être là le résultat d’un travail personnel à cent pour cent, de l’écriture du scénario, en passant par la mise en scène jusqu’au jeu. L’absence d’un autre «œil» y est certainement pour quelque chose. C’est en fait là la «rançon» du one-man-show. N’empêche que l’on peut passer un très agréable moment avec Raouf Ben Yaghlane qui tente, dans son travail, de dépasser son inhibition... et la nôtre... L.L. |