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«NAABAR WALA MANAABARCHI»
Critiques osées et bien placées

 

Après la série des premières représentations du Maréchal, ce fut au tour du One man show de Raouf Ben Yaghlane «Naâbar wala manaâbarchi» de créer l’événement ces derniers jours du côté du théâtre municipal de la ville de Tunis.
Ce qu’il faut signaler dès le départ, c’est que «Naâbar wala manaâbarchi» n’est pas une copie conforme de «Ech ikouloulou».
Certains pensaient que Raouf Ben Yaghlane avait simplement changé le titre, le sujet de base est certes le même puisque l’œuvre traite du contraste d’un individu déchiré entre sa volonté de s’exprimer librement, de dire ce qu’il pense au sujet de tous les problèmes de la vie et sa grande peur des conséquences que peut engendrer son audace.
Mais le texte a beaucoup évolué pour devenir l’un des principaux points forts du «One man show». L’interpénétration des multiples facettes de l’expression artistique ainsi que l’usage des connotations et des allusions ont eux aussi conforté la cohérence et l’enchaînement dans une œuvre où le niveau a été excellent jusqu’au dernier tableau.
Cependant, au cours de celui-ci, nous avons ressenti une baisse du rythme.
Reflétant parfaitement la réalité de l’être arabe en quête de démocratie, de liberté et parfois de moyens, le héros du «One man show» vit dans le doute, l’incompréhension et même la peur. Ce qui l’a obligé à aller consulter un psychiatre et même une voyante pour se débarrasser de ses maux et pour arriver à s’exprimer en toute liberté et ainsi dépasser ses insuffisances notoires.
Ben Yaghlane a eu le mérite de critiquer avec beaucoup d’audace —rarement existante dans nos œuvres artistiques— plusieurs dépassements dont la corruption, les abus de pouvoir, l’opportunisme.
L’acteur a par là même fustigié à travers un texte des expressions et des mouvements très étudiés des caractères et des caractéristiques qui infectent notre société. Pendant plus de deux heures, le public a adhéré tantôt à l’ironie, tantôt à la critique rationnelle.
En améliorant certains aspects, la longueur et le rythme du dernier tableau, «Naâbar wala manaâbarchi» pourra certainement faire parler d’elle pendant longtemps.
Et Ben Yaghlane pourra certainement à travers elle retrouver la place qui convient à ses capacités dans le paysage culturel tunisien.

Kaïs BEN MRAD